Bonne nouvelle : la loi française vous protège clairement dans cette situation. Voici les étapes à suivre pour agir efficacement et en toute légalité.
Ce que dit la loi
Selon l’article 673 du Code civil : « Celui sur la propriété duquel avancent les branches des arbres, arbustes et arbrisseaux du voisin peut contraindre celui-ci à les couper. Les fruits tombés naturellement de ces branches lui appartiennent. Si ce sont les racines, ronces ou brindilles qui avancent sur son héritage, il a le droit de les couper lui-même à la limite de la ligne séparative. Le droit de couper les racines, ronces et brindilles ou de faire couper les branches des arbres, arbustes ou arbrisseaux est imprescriptible. »
Ce droit est imprescriptible : la coupe des branches peut donc être demandée sans qu’aucune prescription ne puisse vous être opposée. De plus, vous n’avez pas à justifier d’un trouble anormal de voisinage pour contraindre votre voisin à s’exécuter, puisque vous êtes victime d’empiètement.
⚠️ Ce que vous ne pouvez PAS faire
Il est absolument proscrit de couper vous-même les branches des arbres qui surplombent votre propriété. Vous vous exposeriez à des dommages et intérêts (Cour d’appel de Rouen, Chambre de proximité, 13 mars 2008).
Seule la personne propriétaire de l’arbre, ou un professionnel mandaté par elle, peut intervenir légalement.
Exception : si ce sont des racines ou des ronces qui empiètent sur votre terrain, vous êtes en droit de les couper vous-même, sans l’accord de votre voisin.
Les étapes à suivre
Étape 1 — La discussion amiable
Dans un premier temps, et afin de conserver de bonnes relations de voisinage, prenez le temps de discuter avec votre voisin. Dans la plupart des cas, cela suffit à régler la question.
Étape 2 — La lettre recommandée
Si le dialogue ne suffit pas, envoyez une lettre recommandée avec accusé de réception exposant clairement votre demande d’élagage, en vous appuyant sur l’article 673 du Code civil.
Étape 3 — Le conciliateur de justice
Depuis le 1er octobre 2023, il est obligatoire de passer par une tentative de résolution amiable pour régler certains différends avant un recours en justice. Le médiateur civil peut également intervenir pour accompagner les deux parties dans la négociation.
Étape 4 — Le tribunal judiciaire
La voie judiciaire est la solution ultime, lorsque le recours amiable n’a pas abouti. Cette contrainte est assurée par une décision du juge du tribunal judiciaire (article R. 211-3-8 du Code de l’organisation judiciaire).
Cas particulier : l’arbre a plus de 30 ans
Lorsqu’un arbre est en place depuis plus de 30 ans, il entre dans le champ de la prescription trentenaire. Autrement dit, si l’arbre a dépassé 2 mètres de hauteur depuis plus de 30 ans et qu’il est planté à la bonne distance de la limite séparative, vous ne pouvez pas contraindre votre voisin à le couper, même si ses branches vous gênent. En revanche, l’élagage des branches reste demandable à tout moment, même dans ce cas.
Et les fruits qui tombent ?
Les fruits qui sont sur les branches surplombant votre terrain appartiennent toujours au propriétaire de l’arbre. Mais lorsqu’ils tombent, ils vous appartiennent. Cependant, il vous est interdit de les cueillir ou de provoquer expressément leur chute.
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Sources :